La Coopérative BioEspuña (Région de Murcie)

BioEspuña S. Coop. est une coopérative de petits agriculteurs de la Sierra de Espuña, dans la Région de Murcie, en Espagne, qui pratique l’agriculture biologique dans tous ses aspects.

C’est naturel: nous contribuons à la protection et à la conservation du notre environnement, puisque nous n’utilisons pas d’intrants agricoles issus de la chimie de synthèse, et nous favorisons la biodiversité sur nos terres en cultivant des variétés locales et en diversifiant notre production de fruits et légumes.

C’est sain: la consommation de fruits et de légumes biologiques contribue à une alimentation plus saine et équilibrée et sa culture respecte la qualité de l’air et de l’eau de notre environnement.

C’est social: nous croyons que l’agriculture biologique a le devoir de contribuer à un modèle de développement économique et social dans lequel le travail de la terre est payé de manière juste et dans lequel les droits des agriculteurs et des travailleurs sont respectés. De plus, ce travail doit offrir aux consommateurs une traçabilité claire et honnête de ses méthodes de production. Pour cela, nous essayons de commercialiser nos produits en circuits courts, en réalisant la vente directe là où nos produits ne font pas de concurrence à ceux des agriculteurs locaux, pendant que nous travaillons simultanément dans le développement de la consommation locale de notre zone.

La famille Marín

Une famille aux origines paysannes, localisée depuis toujours dans l'environnement du Parc régional de la Sierra Espuña, dans la commune de Mula. José et Amparo, "les grands parents", sont encore actifs, par amour du métier. Ils ont dédié leur vie à l'agriculture et ont vécu tous les changements que le XXème siècle a apportés. Leur fils aîné, Cristóbal se consacre lui aussi à l'agriculture depuis 50 ans à Mula et a dès le début adhéré aux principes de l'agriculture biologique. Alberto, son plus jeune frère, et Cristóbal, son fils, ont décidé de suivre le chemin, héritant à la fois de l'expérience de José et Amparo et de l'engagement de Cristóbal. Ils s'installent aujourd'hui pour, eux aussi, cultiver en agriculture biologique.

Ensemble, ils ont créé la coopérative Bioespuña, afin de mutualiser la commercialisation de leurs productions et de celles de leur réseau d'agriculteurs biologiques locaux. Grâce à cet outil, ils peuvent proposer à leur clientèle un grand volume et une vaste gamme de produits tout au long de l'année, et ainsi apporter une grande valeur ajoutée à leurs exploitations.

La Famille Marin cultive principalement des amandes, des agrumes, des abricots et des olives. Ils produisent également légumes, caroubes, kakis, prunes, pêches, poires et autres fruits en petites quantités (figues, grenades). Ils pratiquent l'élevage (poules, dindes et autres animaux) et l'apiculture pour leur propre consommation.

- - Cristóbal Marín

Aîne de la famille, Cristóbal est agriculteur depuis 50 ans sur la commune de Mula. Par conviction et pour être en adéquation avec sa vision de la vie et de la société, il pratique l'agriculture biologique depuis le début, d'abord dans le cadre de l'association Vida Sana puis en 1991, année de création du règlement européen, avec la certification "Agriculture Ecologique".

Amandiers, caroubiers, oliviers et oranges sont les principales cultures dont il prend soin avec son frère Alberto, sur 27 hectares. D'autres fruitiers parsèment la ferme dont les fruits sont destinés à l'autoconsommation : mandarines, citrons, poires, pommes, raisins, grenades, kakis, prunes, pêches, abricots, figues...

En plus de son activité agricole, Cristóbal participe à des programmes de recherche destinés à préserver et à réhabiliter des variétés rustiques et locales de légumes et des races anciennes d'animaux, comme le porc murciano, la poule murciana sont il conserve des derniers spécimens de la région.

Elu local de la commune de Mula, il agit pour maintenir et développer l'agriculture biologique locale. 

BioEspuña est un vecteur d'amélioration de la viabilité économique de sa ferme puisque cet outil coopératif permet à Cristóbal de vendre 90% de ses produits, en circuit court en France pour la majeure partie, et lui garantit une meilleure rémunération de son travail, par rapport aux circuits commerciaux classiques.

- - Alberto Marín

Alberto partage une terre non-irrigable de 27 ha avec son frère Cristóbal, où il produit des amandes, des caroubes, et un peu d'olives, à Mula.

Il a également une parcelle de 2ha en location dans une zone irrigable. Le terrain était à l'état d'abandon quand il l'a repris, c'est pourquoi il n'y a pour le moment que 1,2 ha en production : 3000 m2 de citronniers, 4000 m2 d'abricotiers, 3000 m2 de grenadiers qui commencent à produire petit à petit, 1000m2 de kakis. Il y a aussi un hectare d'abricotiers où ont été récemment plantés des orangers pour changer de culture.

Les terres non-irrigables sont certifiées bio depuis 15 ans puisque c'est José son père qui les cultivait. Pour les terres en location, Alberto a fait les démarches de conversion vers l'agriculture biologique dès le début. Mais une année avant de s'installer, il a demandé à un organisme certificateur de faire des analyses de sol afin de prouver que les terres n'étaient pas contaminées (puisqu'elles étaient abandonnées depuis plusieurs années).

" Pourquoi l'agriculture biologique ?
Parce que je ne crois pas à une autre agriculture. J'ai vécu l'agriculture conventionnelle avant que mon père passe en bio et en parallèle celle que pratiquait mon frère. Cela m'a permis de connaître le passage du premier modèle au second et d'observer les conséquences sur l'agrosystème. Je suis ingénieur forestier de formation et je connais les bénéfices qu'apporte ce modèle agricole vertueux sur la société et notre écosystème. "

Actuellement occupé à structurer et développer l'entité française de BioEspuña, Alberto ne consacre que très très peu de temps à sa ferme. Pour le moment, il concentre son énergie au maintien de l'agriculture paysanne de son territoire rural espagnol à travers la valorisation des produits de sa famille et des paysans associés. Mais son rêve est bien de retourner à Mula pour s'occuper de son verger et de sa ferme.

Son neveu (le fil de Cristóbal) a lui aussi décidé de s'installer mais il n'en a pas encore les moyens. C'est pourquoi tous deux se regroupent  pour avoir accès à des terrains suffisants et pouvoir un jour se consacrer entièrement à l'agriculture.

" Venant d'une famille de paysans, j'ai eu la possibilité de devenir paysan et la chance de ne pas partir de rien. J'ai pu compter sur l'accompagnement de mon frère et de mon père pour m'aider à m'installer, pour me transmettre leur savoir-faire, me prêter des outils. Mon père m'a transmis un lopin de terre pour m'aider à démarrer, même si cette terre, souffrant de la sécheresse qui sévit chez nous en ce moment, n'est pas très productive. Malgré cette chance, ce n'est pas suffisant : j'essaie petit à petit de créer une exploitation qui soit suffisante pour vivre dignement et nourrir ma famille. Mais cela demande énormément d'investissements et de temps, surtout lorsqu'on parle d'arbres ! Donc, pour moi, le soutien et la confiance des mangeurs français qui achètent nos produits sont très très importants. Avec BioEspuña, mon rêve semble beaucoup plus réalisable, car je pense qu'avec ce système de commercialisation, une famille de paysans de Murcia peut vivre avec entre 3 et 5 ha de terres irrigables, soit la même surface qu'il y a 30 ans ! Ce qui signifie qu'il est possible de sortir de cycle actuel désastreux qui oblige les paysans à avoir toujours plus de surfaces (et de dettes) pour produire moins cher, qui encourage l'agriculture industrielle, la finance, tout ça en pourrissant les les sols, les humains, notre culture et les paysages. "

Le contexte géographique dans lequel travaille la famille Marín et leurs employés est marqué par un climat méditerranéen sec : la moyenne de précipitations annuelles est de 300 mm, oscillant entre des périodes de sécheresse aigüe et d'autres plus occasionnelles complètement exemptes de précipitations.

Dans les zones non irriguées, les sols sont pauvres en matière organique. En revanche, les cultures irriguées des plaines fluviales bénéficient de sols fertiles grâce au système d'irrigation hérité des Arabes.

Tous membres de la famille Marín (José, Amparo, Cristóbal, Alberto et Cristóbal) travaillent de la même manière puisqu'ils partagent les outils, la main-d'oeuvre, les savoir-faire.

Pour avoir des informations et précisions sur les traitements, les techniques de fertilisation des sols et l'irrigation :


Texte Odoo et bloc d'image
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Carlos Almarcha

Paysan et militant de l’agriculture biologique depuis 20 ans, habite à Abanilla, à 40 km de Mula. Abanilla se trouve dans la partie Nord-Est de la région de Murcie, à 218 mètres d'altitude. C'est un climat semi-aride, caractérisé par de faibles précipitations annuelles et des températures élevées en été qui restent très douces pendant l'hiver.

Carlos s’occupe de la culture d'agrumes, d'oliviers, de figuiers, d'abricotiers, d'amandiers, de pêchers, de cognassiers, de pruniers et autres, sur une vingtaine d'hectares au total.

Son principal talent est la production artisanale d’huile d’olive et d’amandes mais il consacre aussi une partie de son temps à la transformation de ses fruits pour faire des vinaigres (figue, coing), des confitures et des compotes. Il continue à développer de nouvelles idées de transformation de ses fruits.

Il a converti son activité agricole et artisanale à l'agriculture biologique pour, entre autres raisons, offrir à sa famille et aux consommateurs des produits sans résidus de produits toxiques.

Carlos a planté et entretient des haies autour de ses vergers, non seulement pour éviter la pollution éventuelle de champs voisins non conduits en agriculture biologique, mais aussi pour favoriser la biodiversité. Le désherbage se fait mécaniquement à la débroussailleuse et l'irrigation par goutte-à-goutte. Les sols sont nourris avec du fumier issu d'animaux d'élevages extensifs.

Deux personnes travaillent avec Carlos pour faire vivre l'activité de sa ferme, auxquelles s'ajoutent des saisonniers pendant les périodes de récolte.

Carlos et la famille Marín travaillent ensemble pour transformer certains produits et pour la commercialisation.

Le réseau BioEspuña lui permet de mieux valoriser ses produits et de partager des expériences avec d'autres producteurs ayant adopté des pratiques agricoles écologiques et s'efforçant de faire vivre une agriculture paysanne sur leurs territoires.

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Andrea Anconetani

Voisin et ami de la famille Marín, Andrea est militant de l’agriculture biologique depuis environ 12 ans. Il dédie sa vie à cette activité dans la campagne de Mula, depuis 2004, année durant laquelle il s'est installé en agriculture biologique.
 

" Je suis agronome de formation et je viens de la ville. Toute ma vie, j'ai ressenti une grande méfiance vis-â-vis de ce modèle de société et d'humanité, qui ne m'a jamais plu. J'ai refusé des emplois très corrects mais qui ne correspondaient pas à mes principes, et j'ai alors décidé de devenir agriculteur. "

Ses activités principales sont la culture d’agrumes et de légumes pour la vente en circuits courts, sur une superficie totale d'environ 4,5 ha. Il produit aussi de l'huile d'olive et élève volailles et cochons pour sa consommation personnelle.

Il fait de sa ferme "La Curruca" (en Français "La fauvette") un lieu de conservation de la biodiversité en cultivant de nombreux fruits et légumes de variétés autochtones et en élevant des oies, des poules, des dindes et d’autres animaux domestiques ; et un espace d'expérimentation d'associations de cultures et de non-travail du sol. Andrea s'efforce de créer un véritable écosystème dans son jardin, en intervenant le moins possible et en travaillant davantage avec le sol qu'avec les arbres. Ce qui lui permet de lutter contre les maladies et les ravageurs.

" J'ai choisi l'agriculture biologique dès le début parce que je pense que si nous ne prenons pas soin de notre planète et de notre alimentation, nous n'allons pas survivre sur le long terme."

Andrea emploie une personne (contrat stable) pour l'aider aux travaux de sa ferme.

Les oranges, une partie des abricots et des citrons sont commercialisés via BioEspuña, soit 30% de sa production totale. Le reste, en particulier les citrons, part à l'export, parce qu'il n'arrive pas à tout vendre en local. Les légumes et l'huile d'olive sont vendus localement (marché, magasin, groupement d'achats).

Ce qu'Andrea vend en circuits courts à BioEspuña lui permet d'être mieux rémunéré et de mieux valoriser humainement ses produits et son travail. Dans le cas de la vente à BioEspuña et sur le marché local, les prix se construisent à partir des coûts de production et de travail auxquels s'ajoute le bénéfice pour vivre et continuer à faire ce qu'il fait. Pour l'exportation, c'est différent puisque les prix se basent sur les prix du marché.

" L'idéal pour moi serait de tout vendre en local comme je le faisais pendant les sept premières années. Mais les conditions de ce secteur ne me permettent pas de vivre, c'est pourquoi j'ai dû chercher ailleurs. Pour exporter, j'ai besoin d'augmenter ma surface de production, et en local, je dois me diversifier. Coexistent donc les deux options. "

Andrea a donné des cours et des conférences sur les thèmes de l'alimentation saine, locale et de saison, issue d'une agriculture biologique, familiale et artisanale, des thèmes qui lui tiennent à coeur. Il attache aussi une grande importance aux savoirs et aux pratiques des agriculteurs de la génération d'avant, qu'ils glanent au fil des discussions avec eux. Enfin, il participe à l'élaboration et à l'entretien d'un micro-potager dans l'école de ses filles.

Information sur les terres et les cultures.
Texte Odoo et bloc d'image
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Emilio Pina


Jeune paysan, Emilio poursuit la tradition agricole familiale depuis 5 ans, son père étant agriculteur depuis une vingtaine d'années. Emilio cultive plusieurs parcelles dans la Huerta de Murcia (en français littéralement "Le Verger de Murcie") : c'est une petite zone autour de la ville de Murcie, dans la plaine du fleuve Segura, très propice à la culture de fruits et de légumes puisque les terres de cette zone sont irriguées par l'eau du fleuve.

Sur presque 5 hectares réparties du 3 parcelles différentes, Emilio produit des citrons (variétés verna et fino), des pamplemousses (variété star ruby), des oranges (variété navelina) et des grenades (variété mollar de elche). Il a opéré sa conversion à l'agriculture biologique dès le début, en 2010, par souci de cohérence avec ses valeurs : proposer des fruits sains pour la santé humaine et l'environnement.

Attentif à la fertilisation des sols qu'il nourrit avec des apports organiques naturels et en maintenant un couvert végétal, il réussit à garder un écosystème bien équilibré (sol, biodiversité...). Ses vergers résistent donc bien aux maladies et aux ravageurs, ce qui lui permet de ne faire appel que très très peu souvent à des traitements (produits autorisés en agriculture biologique).

Il désherbe autour de ses fruitiers de manière mécanique. L'irrigation des vergers se fait par goutte-à-goutte pour une moitié des parcelles et grâce à un fossé d'irrigation (à partir des eaux du fleuve Segura) pour l'autre moitié. 

Ses parcelles sont bien protégées des pollutions avoisinantes puisque certains terrains sont isolés et les autres sont entourés de haies.

Parmi ses projets futurs, Emilio prévoit d'installer des panneaux solaires pour faire fonctionner son système d'irrigation. mène à bien son activité agricole grâce à l'aide de son père, mais il emploie aussi une personne avec un contrat stable, pour les travaux des vergers tout au long de l'année (taille, désherbage, irrigation, récolte...).
 
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Casa Pareja


La ferme Casa Pareja se situe à Jumilla dans la région de Murcie, au sud-est de l'Espagne, à 400 m au-dessus du niveau de la mer, avec une pluviométrie très faible et un fort ensoleillement. Cinq générations de la famille Molina se sont succédées sur cette ferme.

C'est Juan, parmi 8 cousins de la famille, qui décide de remettre sur pieds ce patrimoine moribond et pourtant très riche. Ainsi, la ferme n'a jamais été divisée.

Casa Pareja cultive les terres et élabore l'huile de ses olives avec le plus grand soin. Le vieux moulin à huile a été déplacé au cœur de la ferme, c'est un vieux bâtiment datant du XVIIIème siècle, aujourd'hui très bien restauré. 

Dans les installations modernes, la philosophie de l'obtention de l'huile demeure fidèle à la tradition :

- Culture soigneuse afin d'obtenir des huiles saines

- Récolte soigneuse et à maturité optimale

- Presse des olives fraîches

- Extraction à froid

- Décantation naturelle de l'huile, sans forcer sa filtration

- Stockage en cave propre, calme et sans variation de température.

Aujourd'hui, constituant la 5ème génération de la famille, cela fait 18 ans que Juan et son équipe mènent la ferme en agriculture biologique, et depuis 2014, l'activité est certifiée par Demeter, garantissant une démarche en Agriculture Biodynamique, un pas de plus vers une durabilité globale. En effet, sur la ferme Casa Pareja, Juan et son équipe (8 personnes employées) développent un projet global d'agriculture véritablement durable. 

Les terres, 350 hectares au total, sont consacrées à la culture des oliviers, à la vigne, aux céréales et à la culture traditionnelle d'amandiers, d'arbres fruitiers et de plantiers viticoles.

Un troupeau de brebis est géré par une famille de bergers (un couple et trois enfants) sur la ferme. 

Plusieurs variétés traditionnelles d'olive sont cultivées, comme la « cuquillo » et la « cornicabra », complétées par la variété moderne « arbequina ». Nous avons aussi quelques parcelles expérimentales avec les variétés « picual » et « hojiblanca » entre autres. 

La production annuelle avoisine actuellement les 120 000 litres d'huile. Il y a 15 ans, le moulin de Casa Pareja était le premier moulin biologique de Murcie et la plupart des gens ne savaient pas en quoi consistait l'Agriculture Biologique. Aujourd'hui, les choses ont beaucoup évolué mais Casa Pareja continue à être la première ferme en biodynamie de Murcie et l'huile qui y est produite est la première à être certifiée Demeter dans la région. Il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Les déchets verts du jardin sont compostés avec du fumier de brebis issu de l'élevage local et les déchets du moulin à huile pour obtenir de l'humus qui est ensuite incorporé au sol pour le fertiliser. Les noyaux d'olive sont récupérés et utilisés comme combustible. L'huile d'olive sert aussi à la fabrication artisanale de savon.

Aucun traitement n'est fait sur les arbres et autres plantes, les apports principaux étant le compost et les préparations biodynamiques. Les oiseaux dans les oliveraies mangent les insectes et limitent ainsi les effets néfastes de ceux-ci pour les arbres et les fruits.

Tout est fait pour que l'écosystème soit résilient. 

Exemple en matière de pratiques respectueuses de l'environnement et d'utilisation des sous-produits des différents ateliers agricoles et artisanaux de la ferme, Casa Pareja est aussi un modèle d'innovation et d'expérimentation permanentes. Pour tout dire, Juan ne s'arrête jamais d'avoir des idées et de les mettre en oeuvre !

Cela va de l'entretien d'un verger conservatoire de plusieurs dizaines de variétés de fruitiers (figuiers, pêchers, abricotiers, pommes, poires...), aux macérations huileuses de plantes destinées à la cosmétique, de l'expérimentation des cultures de cacahuètes, de pois chiches et de fenugrec, à la réhabilitation de mûriers pour les vers à soie, en passant par la remise sur pied d'un bâtiment très ancien pour en faire un espace d'accueil (stages, séminaires, journées d'échanges) et d'hébergement au coeur de la ferme (gîtes, chambres d'hôtes).


Biobena


Biobena, ce sont 5 paysans associés qui ont créé cette entreprise il y a une trentaine d'années à Benamargosa (Andalousie) pour commercialiser ensemble leurs productions (agrumes, avocats et mangues). Leurs fermes respectives se trouvent dans la région de Málaga, à proximité de la rivière Benamargosa, et forment à toutes environ 14 hectares, labellisés en agriculture biologique (certification CERES) depuis environ 10 ans.

Leurs pratiques agricoles sont en phase avec leur visions de l'agriculture biologique : une agriculture paysanne, adaptée au terroir local, qui prend soin de la terre et de la santé humaine. 










Leur zone de production s'étend à proximité du fleuve et aux alentours plus lointaines : les sols proches du fleuve sont riches, très fertiles, idéaux pour les vergers d'agrumes et les avocatiers, tandis que les manguiers se trouvent sur les collines aux alentours de la vallée du Benamargosa.

A savoir : il faut attendre 8-10 ans avant que les manguiers et les avocatiers soient rentables, et ils ne donnent par ailleurs que tous les 2 ans. Les avocats ont besoin de beaucoup d'eau : il faut entre 600 et 800 litres d'eau pour 1 kg d'avocats !

Dans les vergers, les maladies et ravageurs sont combattus avec les moyens naturels autorisés par la réglementation biologique : huile de paraffine, huiles végétales, soufre. Le désherbage est mécanique. Mais certains parasites sont trop coriaces pour les produits autorisés en agriculture biologique comme la cochenille. Des taches peuvent alors apparaître sur la peau du fruit même si celui-ci reste sain. 

La préservation des sols est essentielle : apports de fumier au pied des arbres à l'automne, et d'engrais liquides au moment de la croissance des fruits ; de même que la protection des ressources : l'irrigation fait par goutte-à-goutte.




Par chance, les voisins agriculteurs travaillent en agriculture conventionnelle sont peu nombreux. Les terrains de Biobena et les exploitations conventionnelles sont séparés par des chemins au milieu, à 8-10 mètres.

Les travaux agricoles et dans une moindre mesure la vente nécessitent chaque année l'emploi d'une ou deux personnes de manière saisonnière. Les productions sont vendues grâce à une série de circuits courts en France, en Allemagne et d'autre pays européens, mais aussi en Espagne : magasins, groupements d'achats, particuliers, entreprises de fruits et légumes.





Antonio, Angel, José Antonio, Roger et Maria sont très actifs sur leur territoire, que ce soit au sein des associations d'irrigation, de fruits tropicaux ou au sein de réseaux paysans pour échanges des idées et de pratiques. Ils continuent de  glâner des contacts avec des paysans bio, comme ceux de BioEspuña pour augmenter la part des circuits courts dans leurs ventes et donner plus de place à leur vision de l'agriculture biologique. 

Le village de Benamargosa se vide peu à peu de ses habitants à cause du manque de travail. Le développement de l'agriculture biologique dans le secteur fera peut-être (re)venir du monde...

 
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Joaquín MOYA

Installé en tant que paysan depuis 8 ans, Joaquín a retrouvé ses racines agricoles après une carrière d'économiste et un engagement dans la politique. Convaincu des bienfaits de l'agriculture biologique -parmi d'autres activités- pour lutter contre le changement climatique, protéger l'environnement et favoriser la durabilité, Joaquín a en quelque sorte mis en application ses valeurs sur le plan personnel et agricole de la même façon qu'il le faisait avant dans ses activités politiques. 
Dans la région d'Alicante, à Bigastro exactement, il produit des agrumes sur 6 parcelles totalisant 3,5 hectares : 1 ha de citronniers (30 000 kg par an), 1 ha d'orangers Navel et autres (7 000 kg par an) et 1,5 ha de mandariniers (5 000 kg par an). 
Joaquín cultive sur une terre sédimentaire et alluvionnaire, sur le dernier tronçon de la rivière Segura. C'est que zone inondable sous un climat méditerranéen, ce qui en fait une terre agricole depuis de très nombreuses années et l'agriculture une activité économique essentielle aux côtés de a construction. Aussi, dans ce contexte socio-économique, pour développer une activité de défense de la nature, il faut encourager l'agriculture biologique pour des raisons tout autant environnementales qu'économiques, dans la mesure où les prix pratiqués permettent de soutenir l'activité agricole et où le modèle de commercialisation défend le petit producteur.
Je suis retraité, je travaille au jour le jour, le long terme ne me convient pas tellement. J'aime pratique en tant qu'agriculteur bio, innovant en empruntant les méthodes traditionnelles que la modernité et la Révolution Verte ont tenté d'éliminer, utilisant des intrants naturels comme la farine de roche, la bouse de vache que nous offre la nature. Je m'efforce aussi de transmettre tout ça aux agriculteurs du coin pour convertir l'agriculture conventionnelle vers l'agriculture biologique et d'encourager la consommation de produits agricoles naturels et transformés bio. 
Contre les ravageurs, Joaquín s'appuie des auxiliaires de culture et des plantes qui attirent les insectes nocifs. Il traite les maladies au moyen de micro-organismes spécifiques comme Champignon Trichoderma et Bacilus Subtilis.
Les adventices (dites "mauvaises" herbes) font en réalité partie de la culture principale. A l'automne, je cultive des engrais verts afin de limiter le développement des adventices, ils servent aussi d'abri pour la faune auxiliaire. Restant intacts jusqu'au printemps, les engrais verts sont en été broyés et mélangés au sol avec du fumier préalablement épandu. Place ensuite au désherbage plus tard dans l'été. Et à l'automne, le cycle annuel redémarre !
Joaquín fait peu de traitements, un ou deux dans l'année si les attaques de ravageurs (pou et araignée dans les citrons et les clémentines) sont  nombreuses et persistantes. Il utilise alors l'huile de paraffine, l'huile de Neem, du soufre liquide et parfois de la terre de Diatomée. 
Il s'initie aux principes et pratiques de l'agriculture régénératrice des sols, et protège et fertilise ses terres à travers l'apport de fumier, de matières organiques, l'utilisation de micro-organismes du sol (mycorhizes, bactéries).
Joaquín a choisi de maintenir des vergers d'agrumes existant pour des raisons économique et commerciales, mais se tourne de plus en plus vers des variétés anciennes d'agrumes, dont certaines sont en voie de disparition, ne correspondant pas aux standards du marché. Il a ainsi récupéré plusieurs variétés : l'orange blanche, l'orange berna (à jus), l'orange sucreña très peu acide, l'orange sanguine, le citron sanguin, le citron doux, la bergamote, etc. Bien que la production représente peu, c'est un pari pour l'avenir, sauver ces variétés de la disparition.
Texte Odoo et bloc d'image