Abril 2021: Boletín de primavera
Un poco de lectura....

Nous sommes restés muets longtemps mais pas au détriment du service et de la qualité que nous avons tenté de maintenir dans ce contexte sanitaire complexe et contraignant.

Il nous a fallu nous adapter aux comportements imprévisibles de consommation. Nous nous attendions à une pente douce mais certainement pas à une telle augmentation depuis le printemps 2020. Nous ne pensons pas que le Covid soit la seule explication.
Sans surprise, nous avons arrêté de prendre de nouvelles inscriptions pour tous les groupes de notre réseau (environ 70) parce que notre filière a atteint ses limites : en Espagne, production et récolte (cela concerne la douzaine de familles de paysans) ; en France, gestion des commandes et des livraisons depuis l'entrepôt jusqu'aux lieux des groupes de clients (Nicolas, Frédéric & moi), et transversalement, gestion et coordination (Alberto). Nous tenons une liste d'attente pour chaque groupe. 
Il est délicat de dire non, mais c'est un signe de réussite ! La qualité des fruits et autres produits, les efforts d'organisation et le souci d'une éthique sont récompensés.
Depuis les balbutiements il y a 8 ans jusqu'à aujourd'hui où les équilibres sont solides, il y a eu des phases difficiles, des découragements, des choix à faire (là, je parle surtout de la posture d’Alberto et de son frère Cristóbal qui sont les principaux acteurs de la création de la succursale française et les fédérateurs de paysans pour que tout ça existe), des prises de risques, des coups de collier à donner sans être sûrs que ça marcherait. Petit à petit, Cristóbal & Alberto ont structuré (avec la sagesse de José), se sont entourés de personnes pour partager les missions (sinon, tout s'arrêtait pour cause d'épuisement), nous avons passé des paliers, stabilisé l'équipe, sommes allés au bout d'investissements matériels et humains... 
Aujourd'hui, il semble que le rêve collectif initial soit tout à fait concrétisé, en termes de rentabilité de la filière, de conditions de vie des paysans qui vendent dignement leurs productions, de conditions de travail des salariés, et bien sûr de satisfaction des mangeurs !

        Mais quelque peu dépassés par ce tourbillon depuis un an, nous nous sommes posés pour réfléchir… à notre évolution : parce que l’idée n’est pas de grossir davantage, de changer d’échelle, de dire oui à toutes les sollicitations, ce qui amènerait à chercher d’autres producteurs pour répondre à la demande folle, puis d’augmenter massivement les moyens matériels, puis de multiplier les salariés ici, les camions…. Bref, la fuite en avant. Dont personne ne veut !
L’heure est davantage à la réorganisation et à la structuration :  Nadia a rejoint début février l’équipe en France sur des missions de facturation, d’administratif et de préparation des commandes, entre autres choses. Et nous remuons nos méninges pour améliorer notre logistique (éviter les oublis, prévenir les ratés….), nous former les uns les autres pour gagner en résilience et en sérénité, et structurer le tout pour un jour peut-être pouvoir transmettre notre savoir-faire.  Nous pourrons aussi donner corps à d'autres rêves au sein de BioEspuña : enfin expérimenter la certification participative en faisant venir des représentants des groupes sur les fermes en Espagne, donner plus et plus souvent des informations pédagogiques sur les paysans, la bio, les conditions de production, créer plus de liens entre les groupes du réseau, participer aux dynamiques locales .... En somme, S’enrichir sans se pervertir.
Ce qui n’empêche pas une croissance des commandes chaque saison mais de façon très douce… sans rogner sur la qualité et l’éthique. Pour accompagner l’évolution des vergers. Andrea a quitté l'aventure BioEspuña en tant que paysan fournisseur car il a arrêté sont activité agricole pour se consacrer à son militantisme. Il reste de tout coeur avec nous. Il a cédé sont terrain à José-María qui est donc salarié de BioEspuña (pour les travaux dans les vergers) et paysan. Jesús, l'autre salarié, prépare également son installation agricole. Juan a rejoint Jesús et José-María dans l'équipe salariée pour prendre soin des arbres et des sols (taille, fertilisation...), récolter et conditionner les fruits. Quant à Eloy, il va devoir arrêter son activité. Il cultivait des parcelles en location (orangers et pamplemoussiers), le propriétaire a décidé de les récupérer pour faire une centrale photovoltaïque... Joaquín a diminué son activité agricole car la retraite est proche. En parallèle, nous avons intégré Carlos, un voisin de la famille Marín à Mula, qui a repris la ferme de son père et qui est actif dans les réseaux bio de la région. Manolo est en cours d'intégration afin de proposer des pamplemousses. A côté de ces changements rapides et conséquents, il y a aussi des évolutions lentes au rythme des arbres qui grandissent, notamment chez Emilio (grenades, oranges, citrons) et la famille Marín (oranges, clémentines, kakis, abricots). La relation se consolide avec Biobena, en particulier Maria & Antonio et leurs voisins pour assurer l'approvisionnement en avocats et en mangues. Enfin, vous découvrirez dès ce printemps l'huile d'olive de la famille Marín, élaborée par Cristóbal. C'est une fierté à Mula où cela fait près de 30 ans  qu'il n'y a plus d'huile alors qu'il y a plein de producteurs d'olives... et alors que des moulins étaient actifs depuis l'Antiquité. Des vestiges archéologiques en témoignent : 

  http://www.losvillaricos.es/

Pour terminer, comme à chaque fois, MERCI beaucoup de continuer l’aventure avec nous,  pour vos retours, votre engagement.

L'équipe de BioEspuña, de part et d’autre des Pyrénées

      

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